|
Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie Paris - Ile-de-France
Par un courrier du directeur général du STIF en date du 3 janvier 2005, la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France ainsi que la CCI de Paris ont été saisies afin de faire part de leurs observations sur le bilan de la concertation préalable et sur le projet de schéma de principe du « RER B Nord + », ce dernier étant soumis au Conseil d’Administration du STIF le 18 février 2005.
Tout d’abord, il faut noter avec satisfaction que les remarques de la CCIP, formulées à l’occasion de la concertation préalable menée cet été sur ce projet, ont bien été intégrées. Elles visaient à faire prendre conscience que la mise en oeuvre de ce projet aura une incidence notable pour les voyageurs et visiteurs de deux grands équipements structurants de la région Ile-de-France que sont l’aéroport de Roissy CDG et le Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.
Concernant le projet de schéma de principe, les CCI d’Ile-de-France sont globalement favorables aux orientations retenues visant à l’amélioration de la qualité du transport pour les usagers « quotidiens » du RER B, et en particulier les salariés se rendant chaque jour dans les pôles d’emplois de Paris, de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne.
Le projet proposé, tant sur le plan des travaux d’infrastructures que sur les conditions d’exploitation (desserte renforcée et plus régulière), semble permettre une amélioration sensible du service, notamment pour le tronçon entre la gare du Nord et Aulnay-sous-Bois.
Mais l’amélioration des conditions de transport de ces usagers ne doit en aucun cas conduire à une dégradation de celles des nombreux voyageurs se rendant à l’aéroport de Roissy CDG et au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte.
La région Ile-de-France doit conforter et renforcer son attractivité et sa compétitivité à l’échelle internationale. Pour ce faire, on sait combien la qualité des infrastructures de transport compte parmi les critères de comparaison. Il faut donc rappeler que pour de nombreux voyageurs étrangers en provenance de Roissy CDG, le RER B représente une des premières « images » de la France et qu’il faut donc veiller à ce qu’elle soit la plus valorisante possible.
Les préoccupations propres à l’aéroport de Roissy CDG rejoignent celles liées à l’amélioration de la desserte du Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte et du parc international d’activités de Paris-Nord II, depuis la gare « Parc des expositions ».
Ainsi, le service régulier conçu dans le schéma de principe soulève plusieurs problèmes :
- il augmente certes la fréquence et la régularité des trains (et donc la capacité du service) mais supprime, en revanche, les trains semi-directs existants actuellement aux heures de pointe au profit d’une desserte omnibus ;
- de plus, le choix d’un service omnibus ne règle pas les problèmes d’incivilité dont sont régulièrement victimes des voyageurs aériens et des visiteurs du Parc des expositions. Les mesures de sécurisation des rames et des gares doivent donc être sensiblement renforcées ;
- enfin, à l’horizon d’une éventuelle mise en service du « CDG Express », ce sont les dessertes directes en heures creuses « gare du Nord - Roissy CDG » - marquant un arrêt en gare « Parc des expositions » lors des salons - qui seraient vraisemblablement supprimées (ce point est précisé en page 71 du schéma de principe).
Ces dispositions ne paraissent pas de nature à favoriser le développement du Parc, ce qui est contraire aux intérêts économiques des entreprises et de la région Ile-de-France.
A ce sujet, la présentation des évolutions pour le Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, en page 13 du projet de schéma de principe, est erronée :
- les capacités de développement du Parc ne sont pas limitées à 15 000 ou 20 000 m² mais pourraient être équivalentes aux surfaces actuelles (150 à 200 000 m²), compte tenu des terrains réservés à ce titre dans une convention foncière établie en 1998 ;
- de plus, écrire que la CCI de Paris envisage un transfert de deux ou trois salons qui se tiennent actuellement au Parc de la porte de Versailles n’est pas une formulation acceptable compte tenu du fait que la CCI de Paris et Unibail (propriétaire de Paris Expo) sont deux opérateurs en concurrence ;
- enfin, les données sur le trafic généré (2 millions de visiteurs ; 3,1 millions de voyages dont 1,1 sur le RER B) correspondent à un scénario de croissance essentiellement fondé sur le développement de salons professionnels. Dans ce cas, la demande de trafic à l’heure de pointe pourrait, comme cela est noté page 13, se situer entre 12 et 15 000 voyageurs par heure. En revanche, l’accueil de salons « grand public » conduirait à des flux bien plus importants et répartis différemment dans l’année et la journée (environ 6 millions de visiteurs ; 7,5 millions de voyages dont 3 millions par le RER B).
Face aux perspectives de développement des activités du Parc des expositions, des réunions de concertation ont été menées entre le STIF, RFF, la SNCF et la CCI de Paris. Il a été convenu que le service régulier envisagé dans le projet de schéma de principe n’était pas entièrement compatible avec les besoins spécifiques du Parc.
C’est pourquoi, les modalités d’exploitation à « contre-pointe » des futures missions du RER B ont été repensées afin de permettre la mise en service, le matin et le soir, d’une desserte directe entre la gare « La Plaine - Stade de France » et celle du « Parc des expositions ».
Les CCI d’Ile-de-France se félicitent que ce service spécial pour le Parc des expositions – également accessible aux usagers de Paris-Nord II – soit inscrit comme composante du projet « RER B Nord + », car il permettrait de répondre, pour partie, aux besoins exprimés dans le cadre du développement des salons qui se tiendront à Paris-Nord Villepinte.
A partir des trois hypothèses envisagées pour ce service, des études plus précises portant notamment sur les plages horaires, les besoins éventuels en rames supplémentaires, les travaux à réaliser1, la répartition des coûts et la tarification ou encore l’insertion des rames dans le schéma d’exploitation doivent être menées. Les CCI d’Ile-de-France sont tout à fait favorables à ce qu’une convention d’étude soit rapidement établie à ce sujet avec la CCI de Paris pour aboutir avant l’été 2005 lorsque le plan de financement du projet RER B Nord + sera discuté.
Les CCI d’Ile-de-France souhaitent faire part de leur interrogation concernant l’absence de référence à deux projets ferrées découlant du SDRIF en vigueur : le « barreau de Gonesse », permettant une connexion entre les lignes B et D du RER, et la « boucle sud du RER B », au sud de l’aéroport. Le tracé de ces deux projets rejoint le RER B en gare « Parc des expositions » et présente un intérêt certain dans la perspective d’une diversification des accès au Parc des Expositions ainsi que pour améliorer les liaisons entre le Val-d’Oise et l’aéroport de Roissy CDG.
Pour les CCI d’Ile-de-France, il importe donc de confirmer la pertinence de ces projets dans le cadre de la révisi du SDRIF2 qui s’engage actuellement et d’inscrire leur réalisation dans le prochain Contrat de Plan Etat - Région. Dans le cadre du schéma de principe du RER B, il conviendrait à tout le moins de préciser que la mise en service de ces deux barreaux conduirait à la création d’un « pôle de correspondance » en gare du Parc et pourrait modifier les flux de voyageurs empruntant le RER B.
Les CCI d’Ile-de-France se félicitent de l’intérêt porté par le STIF à l’amélioration de la desserte des territoires du Nord francilien et notamment de l’aéroport de Roissy CDG et du Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, et saluent la volonté de poursuivre activement avec la CCI de Paris les études déjà engagées, en concertation avec Réseau Ferré de France et la SNCF Ile-de-France.
******
1) A ce propos, il est à noter qu’en page 57, les travaux de rehaussement des quais de la gare « Parc des expositions » ne semblent pas tenir compte des aménagements qui seraient rendus nécessaires pour accueillir les trains directs du service spécial en contre-pointe. Ne serait-il pas plus pertinent d’entreprendre ces travaux sur une même plage temporelle afin d’éviter de causer des désagréments trop importants aux usagers ?
2) Les CCI d’Ile-de-France s’étonnent également de l’absence d’un autre projet inscrit au SDRIF, l’extension du RER B à Dammartin-en-Goële, qui doit permettre d’améliorer et d’étendre la desserte de cette zone.
(source)
|